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La rentrée politique ne nous promet pas grand-chose. Il est désormais acquis que la mandature de Paul Giaccobi se déroulera comme elle a débuté : sans éclat (au sens de la splendeur) avec, parfois, la manifestation d'un clientélisme de gauche (faut bien que l'alternance s'exprime). Sera-ce sans dommage pour elle ? La gauche, au fond, avec ou sans le pouvoir, restera la Gauche. Elle a pour elle d'être « progressiste », « sociale », « généreuse » et « humaniste ». Ces mots-là sont doux, on ne se lasse guère de les entendre, ils lui permettront, à l'instar des grands standards que sont Strangers in the night, Plaisir d'amour ou La Bohème, de traverser encore quelques décennies au moins. Quant à la droite... Elle essaie de mettre un peu d'ordre dans le désordre de sa défaite. En attendant d'avoir des idées de droite. Obligée qu'elle est de reconnaître qu'être sarkoziste n'est pas une idée en soi. De fait, la droite n'a plus d'idées depuis que José Rossi n'est plus aux affaires. N'en déplaise à ceux, à droite, qui ont tout fait pour l'occire. Le danger est qu'à force de manquer d'idées on devient opportuniste. Ainsi la façon qu'a une partie de l'Ump (l'autre, on ne l'entend pas) de tirer les enseignements de sa (ses) défaite (s) tient à peu près à ceci : cherchons ou plutôt trouvons ce que nous avons de nationaliste en nous puisque les nationalistes ont le vent en poupe. Dans la foulée, on a tôt fait d'énumérer les thèmes compatibles : le rapprochement des prisonniers, la langue et peut-être même le foncier, voire encore la « corsisation » des emplois. Ces idées sont peut-être bonnes, c'est chacun selon ses goûts, cependant ce sont celles des nationalistes, pas celles de l'Ump. Après tout, c'est peut-être cela la nouveauté de la rentrée : la droite à la remorque des nationalistes.
Les idées nationalistes sont servies par la vacuité politique qui caractérise l'Assemblée de Corse depuis 2004. Par le contexte national et international aussi : un pays, la France, le nôtre, sans idéal franchement identifié ou fréquentable et qui s'enlise dans le consumérisme, une Europe aussi indigeste que nécessaire et une mondialisation menaçante en tout cas perçue comme telle. Quoi qu'il en soit les idées nationalistes, aujourd'hui, s'imposent. Elles s'imposent après qu'elles ont animé le débat politique deux décennies durant. Elles s'imposent alors que la droite et la gauche semblent à bout de souffle. Oui, c'est ça : à bout de souffle. Au fond, comment aurait-il pu en être autrement ? La droite et la gauche ont mêmement rivalisé d'aveuglement, fait comme si le monde était en quelque sorte composé d'adultes et d'enfants, ignorant la jeunesse, la laissant aller au plus offrant (ce qui ici n'est pas forcément péjoratif).
L'idée qui flotte aujourd'hui dans l'air semble nous ramener plus de trente ans en arrière : l'autonomie. À ceci près qu'elle ne divise plus, en tout cas plus de la même façon puisqu'elle a désormais ses tenants à droite comme à gauche. Faut-il y voir la victoire des nationalistes ? La vraie question est ailleurs : sur ce chapitre, puisqu'il est acquis qu'il fera débat, un jour ou l'autre, nos femmes et nos hommes politiques vont-ils véritablement débattre ou bien se conformer à un politiquement ou plutôt à un temporellement* correct ? De la tenue actuelle des partis politiques et bien sûr de leurs leaders dépend la réponse.
* L'expression est de François Léotard (in « Ca va mal finir »).
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