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| | Par La rédaction
| | | | Corsica & Vous
| | | | L'actu de la Corse en quelques brèves...
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La Corse au sommet de Trento
La Corse des premiers alpinistes, documentaire de Joël Jenin et Irmtraud Hubatschek, était sélectionné pour la 56e édition du Festival de Trento, du 28 avril au 4 mai. Dès le milieu du XIXe siècle, les sommets corses ont attiré des alpinistes de toute l'Europe. À l'époque « chaque pays venait de créer son club alpin, avec des lieux de réunion souvent prestigieux, comme à l'Alpine Club de Londres. Ces premiers montagnards, d'un milieu social plutôt aisé et cultivé, étaient déjà des européens avant l'heure ; leurs écrits dans les revues des clubs alpins anglais, suisse, autrichien ou allemand étaient lus par tout le petit monde de l'alpinisme européen », expliquent Joël Jenin et Irmtraud Hubatschek qui ont réalisé sur ce thème un film documentaire. La Corse des premiers alpinistes, c'est l'île telle que l'ont découverte des montagnards comme Francis F. Tuckett, le peintre Edouard Th. Compton, Ferdinand Gregorovius, Félix Von Cube.
Les réalisateurs ont effectué beaucoup de recherches en France, Italie, Allemagne, Autriche, Angleterre pour réaliser ce documentaire qui n'est pas seulement destiné « à des mordus d'alpinisme », mais rend compte aussi d'un moment dans l'histoire de la Corse et d'une découverte mutuelle, teintée d'étonnement de part et d'autre. Ils se sont en effet attachés à rendre compte au plus juste l'état d'esprit de ces alpinistes, mélange de préoccupation scientifique, de souci de l'observation et d'une culture encore très imprégnée de romantisme à laquelle se greffent çà et là des idées préconçues sur la Corse et ses féroces bandits cachés derrière chaque berger rencontré. Il est vrai que cette île où l'on ne débarque qu'au terme d'un voyage qui exige d'emprunter à peu près tous les moyens de transport possibles et imaginables ne ressemble guère aux sites qu'ils fréquentent habituellement : pas d'infrastructure montagnarde, pas de refuge, mais des bergeries ; pas de porteurs, mais des muletiers qui acceptent éventuellement de servir de guides. Et du reste le documentaire donne également à voir le regard curieux que porte une population sur ces riches étrangers excentriques qui prennent plaisir à des ascensions que les Corses pratiquent non par amour du sport, mais par nécessité. Par ailleurs Joël Jenin et Irmtraud Hubatschek ont mené un travail minutieux pour retrouver ou reconstituer accessoires et costumes de l'époque. Coproduit par Montagn'Arte et France 3 Corse Via Stella, La Corse des premiers alpinistes a été parmi les 40 films et documentaires retenus - sur 337 productions du monde entier - pour la sélection du 56e Festival du Film de montagne de Trento, connu pour être un sommet du genre. EM
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Chéloniens chéris
A Cupulatta, centre d'élevage et de protection de la tortue vient de fêter ses dix ans. Le boulevard Testudo, ça vous dit quelque chose ? Non ? Et la rue Graptemys ? Non plus ? Et l'impasse Gopherus ? Pas davantage ? Alors, c'est sans doute que vous n'avez jamais visité la Cité des tortues, au lieu-dit Vignola, à quelques kilomètres d'Ajaccio. Son fondateur, Philippe Magnan, se passionnait pour les tortues depuis son enfance et avait constitué au fil des années une collection remarquable, tant par le nombre de spécimens que par la diversité des espèces élevées. Et ce qui aurait pu n'être qu'une marotte un peu égoïste a fini par donner naissance à un projet original, unique en Europe : créer un lieu dédié à la préservation, à l'élevage et la connaissance des chéloniens.
En 1999, le parc A Cupulatta, géré par une association loi 1901 (à but non lucratif), ouvrait ses portes au public. Organisé selon le plan classique d'une petite ville - d'où son nom de Cité des tortues - avec ses rues, ses avenues, ses traverses et ses ponts, le parc accueille plus de 3 000 tortues de 170 espèces différentes. Et si leur présentation est ludique, distrayante, ce n'est jamais au détriment des buts premiers que sont l'observation scientifique et la sauvegarde de ces étonnants animaux, souvent fragiles malgré leur carapace. Ainsi, par exemple, y prend-on soin de la tortue mauresque (Testudo græca) que nombre de touristes ramènent d'Afrique du Nord et qui supportent fort mal le climat européen. On y apporte aussi une attention particulière à la tortue d'Hermann occidentale, espèce protégée très courante en Corse, qui loge ici au n° 2 de la rue Testudo. Et on y recueille fréquemment des tortues victimes du trafic routier, des incendies, des morsures de chien ou des lames d'une tondeuse à gazon, pour les soigner et le cas échéant réparer voire reconstituer leur carapace.
On y apprend aussi que sous des dehors amusants, tranquilles, sans souci et résistants, les chéloniens ne sont pas des jouets. EM
| | | | Tollinchi en lice pour... 2010
Alexandre Guillaume Tollinchi, ancien responsable des jeunes UMP, se lance dans la bataille des élections territoriales... deux ans avant le scrutin. L'Ajaccien, qui a décidément de la suite dans les idées, a d'ores et déjà lancé son site Internet (www.tollinchi2010.com) et propose casquettes et tee-shirt à son effigie pour « une communication moderne ».
Son credo : une « troisième voie » libérale ouverte aux idées nationalistes qui comblerait selon lui un « vide politique ». Son tempo : « Il faut du temps pour de la pédagogie... Moi, je me situe dans une logique insulaire [...] On ne part jamais assez tôt » s'est-il expliqué sur les ondes d'Alta Frequenza fin mars. Le bouillonnant jeune homme sortait de l'élection municipale assez houleuse d'Ajaccio, à laquelle il a, dans la foulée, carrément consacré un livre, sobrement intitulé Les dessous sinistres d'une élection. Fichtre ! AA
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Mariko expose à Porto Vecchio
Florence Combescure, alias Mariko, expose ses oeuvres à Porto Vecchio, à la galerie du Levant, jusqu'à l'automne. Onze pièces sculptées dans le grès : L'émergence, L'androgyne, Le minotaure, etc. Mariko, puisque c'est ainsi que l'artiste signe ses sculptures, y incorpore parfois des pièces mécaniques en métal. Une idée qui lui trottait dans la tête depuis quelques temps. « Ca fait un moment que j'ai envie de souder. Et puis redonner vie, en quelque sorte, à ces pièces mécaniques promises à la casse... » Mariko coupe, soude et incorpore la pièce de métal ainsi travaillée à la sculpture en grès. Son art nouveau réside dans cette connivence profonde de la pierre et du fer qui effleure dans le rêve et l'inspiration. Trois oeuvres monumentales, les autres font de 80 cm à un mètre d'envergure, représentent le travail le plus récent de cet artiste fortement inspiré des arts premiers. CS
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Le « MARCHETTI » enfin réédité
Devenu introuvable quelques semaines seulement après sa sortie en 2001, L'Usu corsu est à nouveau disponible en librairie. Le dictionnaire corse-italien-français de Pascal Marchetti vient d'être réédité chez Alain Piazzola.
A cette seconde mouture, le père de l'orthographe corse moderne a choisi d'ajouter une centaine de nouvelles entrées et quelques « améliorations et précisions » dans les notices existantes. Ces nouveautés mises à part, l'ouvrage reste fidèle à son esprit initial. Toujours la même méthode de traduction : un mot corse, sa définition en italien, puis son équivalent dans « les deux langues de rayonnement continental assumées par les Corses » : l'italien et le français. De même, l'auteur ne trahit en rien les fondamentaux de sa démarche : enregistrer l'usage, simplement l'usage. « C'est un ouvrage de vie, issu de souvenirs et d'une large pratique de la langue, souligne le linguiste. Il n'a pas un caractère mécanique ou absolu. »
Malgré cela, L'Usu corsu demeure une immense source de connaissance. Comme aucun autre dictionnaire corse auparavant, il parvient à conjuguer érudition et vertus pédagogiques. Les débutants apprécieront tout particulièrement les indications phonétiques (prononciation des voyelles, accent tonique) accompagnant chacun des termes. Autant de qualités qui expliquent certainement la vitesse à laquelle les amateurs de lingua nustrale s'étaient arraché, il y a sept ans, les mille exemplaires de la première édition.
On saluera, au passage, les efforts consentis par la maison Alain Piazzola en faveur de la langue corse. Parallèlement à L'Usu corsu, l'éditeur ajaccien vient de faire paraître une réédition de l'incontournable Anthologie de la littérature corse de Mathieu Ceccaldi, épuisée elle aussi depuis des années. PN
L'Usu corsu, deuxième édition revue et augmentée, éd. Alain Piazzola, 2008, 23 euros.
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Napoléon inachevé... et toujours vedette
Un portrait inachevé et inédit de Napoléon, par le peintre David, a été retrouvé et authentifié en Allemagne. Il est la pièce maîtresse d'une exposition dédiée... à son frère Jérôme ! Le musée de Kassel, en Allemagne, présente jusqu'au 29 juin une exposition intitulée Drôle de Roi ? consacrée à Jérôme Bonaparte qui fut roi de Westphalie de 1807 à 1813 et avait établi sa cour à Kassel. Mais il sera dit que, décidément, Napoléon prendra toujours le pas sur ses frères et soeurs et leur en imposera toujours. Sourcilleux sur ses prérogatives jusque dans la mort, l'Empereur ! Car la pièce maîtresse de cette exposition est finalement un portrait de lui, inachevé et non signé, récemment retrouvé dans les réserves du musée de Kassel où il dormait depuis de nombreuses années. Il y a peu encore, cette toile était attribuée à un des peintres allemands de la cour de Jérôme. Mais elle a finalement été authentifiée comme une oeuvre de Jacques-Louis David, peintre officiel de l'Empire. « Nous avons comparé le tableau avec la description d'un portrait inachevé de l'Empereur par David, présenté lors du Salon de Paris de 1808, a expliqué à l'AFP le commissaire de l'exposition, Thorsten Smidt. La description est juste, jusque dans ses moindres détails. » On présume que ce tableau de proportions assez modestes (117x88 centimètres) constituait une toile préparatoire à la réalisation d'un portrait beaucoup plus imposant destiné à être offert à Jérôme. L'oeuvre représente Napoléon revêtu de son manteau pourpre et tenant d'une main son sceptre, de l'autre le globe terrestre surmonté d'une croix. Ce sont justement ces attributs de la puissance impériale qui, sur la toile, sont demeurés à l'état d'esquisse. Pour mieux les représenter, David avait émis le souhait qu'ils lui soient confiés, ce qui lui fut refusé. Sourcilleux et méfiant aussi, semble-t-il, Napoléon... Mais, en tout cas, toujours bien inspiré dès lors qu'il s'agit d'assurer sa propagande. Au point de parvenir, depuis l'au-delà, à s'imposer comme la guest-star d'une exposition consacrée à son jeune frère. Que disait sa maman déjà ? Ah, oui : « Pourvu que ça dure ! ». Dans un sens, elle est pleinement exaucée. EM
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L'opéra fait son come-back à Ajaccio
Ajaccio s'apprête à renouer avec ses anciennes amours lyriques. Les 19 et 20 juin, le Lazaret Ollandini accueillera deux représentations du Cosi fan tutte de Mozart. Toutes les mêmes (sauf maman) ! Air connu. Dont Mozart et le librettiste Lorenzo da Ponte livrèrent en 1790 une version brillante et enlevée avec Cosi fan tutte (littéralement : Ainsi font-elles toutes), la petite histoire voulant que cette oeuvre commandée par l'empereur Joseph II soit inspirée de faits réels qui avaient alimenté la chronique viennoise de l'époque. Sous-titré L'école des amants, cet opéra-bouffe en deux actes voit deux jeunes gens mettre à l'épreuve la fidélité de leurs amantes, suite à un pari avec un vieux philosophe. Qui n'hésitera pas à intriguer et fausser un peu le jeu pour avoir raison, avant de réconcilier tout le monde.
C'est avec ce divertissement léger en diable que l'Ensemble instrumental de Corse, fondé en 2000 par Bruno Jouvenel, se propose de faire renouer Ajaccio avec l'opéra. Car il fut un temps, celui du théâtre Saint Gabriel, détruit par un incendie en 1927, où le public ajaccien se passionnait pour le bel canto et passait pour être extrêmement exigeant - voire impitoyable - en la matière. Au point qu'une représentation au Saint Gabriel constituait, pour nombre d'impresarii comme d'interprètes prestigieux, un test déterminant pour augurer du succès d'une production. C'est ainsi qu'en 1854, la troupe de la Scala de Milan réservait à cette salle de quelque 800 places la primeur de sa première tournée française.
Par la suite, le festival des Milelli, dans le cadre duquel Cosi fan tutte fut du reste donné, permit un temps d'entretenir quelque peu la flamme. Mais voilà plus de vingt ans qu'aucune oeuvre lyrique n'a été jouée à Ajaccio dans sa forme complète. En collaboration avec la direction des affaires culturelles de la ville, l'Ensemble instrumental de Corse entend donc y remédier. Avec, pour commencer, cette production autour du Cosi fan tutte qui donnera lieu à deux représentations, les 19 et 20 juin, au Lazaret Ollandini. La direction musicale en sera assurée par Yann Molenat. Cependant qu'Emmanuelle Cordoliani qui enseigne l'art lyrique au conservatoire de Paris, signera la mise en scène de ce jeu de l'amour et de coïncidences parfois provoquées. Dont les leçons qu'on retire sont pareilles aux premières morsures du soleil : un peu cuisantes certes, mais sans gravité, elles évoluent le plus souvent vers un joli hâle doré, et les jeunes amants naïfs se bronzeront un peu l'âme, sans toutefois l'endurcir radicalement. Une comédie « balnéaire et piquante », avec, en guise de baume solaire, la musique du divin Mozart. EM
En savoir + : www.ensembleinstrumentaldecorse.fr
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L'aventure de la San Martinu
Née à Ajaccio, mise à la retraite à Cagnes-sur-mer, revenue au bercail pour y être restaurée, la felouque participera à la CaraMed 2008 qui prendra le départ de Brest en juillet. Au chantier Nobili, sur le port d'Ajaccio, naissaient autrefois de belles barques de pêche aux lignes élégantes. Puis le chantier a disparu, et avec lui son parfum inoubliable de bois étuvé et de goudron de calfatage. Les barques, elles, sont encore là. Certaines prennent encore régulièrement la mer. D'autres ont des destins plus étranges, qui empruntent des voies sinueuses. Ainsi la felouque San Martinu, une embarcation de 8, 25 mètres, sortie du chantier Nobili en 1956 et retrouvée récemment à Cagnes-sur-mer par Aventure-Pluriel. Cette association, créée en 1994, a pour but la sauvegarde du patrimoine maritime méditerranéen à travers des projets de restauration. Elle a fondé à Cagnes le chantier associatif de la Campanette qui met à disposition des propriétaires de bateaux en bois du matériel et une assistance technique pour mener à bien une restauration ; et organise la CaraMed, la caravane méditerranéenne, croisière à la rencontre d'autres cultures maritimes qui regroupe quatorze associations et une trentaine de bateaux à gréement latin.
Pour les membres d'Aventure-Pluriel, il allait de soi que San Martinu regagnât Ajaccio. C'est pourquoi un accord a été trouvé avec l'atelier des bateaux en bois qu'anime Simon Berner à la Société nautique ajaccienne où la felouque a été restaurée. Sa remise à l'eau est prévue pour ce mois de mai. « San Martinu participera à la CaraMed 2008 qui, cette année, prend son départ de Bretagne, lors du grand rassemblement maritime Brest 2008 » explique Thierry Pons, responsable de projet d'Aventure-Pluriel qui viendra en prendre possession et la rapatriera - sous voile, s'il vous plaît ! - à Cagnes d'où elle sera ensuite acheminée vers le site de départ, par la route cette fois. Elle fera partie de la flottille qui, entre le 11 juillet et la mi-septembre, partira de Brest, longera la côte Atlantique, puis empruntera le canal du Midi pour retrouver la Méditerranée et rallier Nice en s'alignant au passage à la Mourrejade de l'Estaque, rassemblement de voiles méditerranéennes traditionnelles.
Auparavant, elle aura repris ses marques dans le golfe d'Ajaccio, en évoluant, en compagnie de 5 ou 6 autres barques gréées à la latine, au côté des yachts prestigieux qui s'affrontent lors des Régates impériales (lire par ailleurs). Que demander de mieux, pour un retour vers la mer ? Peut-être la bénédiction de Saint Érasme, patron des marins ? Sa fête, le 2 juin, marquera la clôture des Régates. Bien vu ! EM
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Et que jeunesse se "Pass" !
Avec le Pass cultura, lancé le 21 avril, la CTC offre à tous les 15-20 ans de Corse un sésame pour accéder à moindre coût et selon leurs goûts, à la culture. Décréter que les jeunes d'aujourd'hui chopent plus facilement un rhume que le virus de la culture, c'est un poil facile. D'autant que si le premier est tout ce qu'il y a de gratuit, l'autre exige un budget assez conséquent. Et puis, à 16 ans, à supposer qu'on ait le budget permettant de s'offrir un ciné ou un spectacle, on hésite à le faire si les copains et les copines n'ont pas cette possibilité. On risque de se trouver un peu seul, non seulement sur l'instant mais aussi le lendemain, avec ses impressions du film ou de la pièce, pendant que les autres commentent, faute d'avoir vu autre chose, la dernière session de la Star Ac' D'où l'intérêt d'expérimenter le Pass cultura que lance la Collectivité territoriale de Corse à destination de tous les 15-20 ans de l'île, qu'ils soient lycéens, sortis du système scolaire ou sans emploi. Ce dispositif vise justement à mettre autant que faire se peut les jeunes sur un pied d'égalité face à la culture, en leur offrant, gratuitement, un chéquier culture d'une valeur de 55 €. Il se compose de 7 chèques donnant droit à d'autant d'entrées gratuites ou de réductions immédiates auprès des « producteurs d'offres culturelles » : 1 place gratuite au cinéma d'une valeur de 7 €, 2 entrées à prix réduit pour un spectacle vivant (2 x 10 €), deux bons de réduction de 5 € pour l'achat de livres ou BD (2 x 5 €), 1 entrée gratuite dans un musée ou un lieu patrimonial (valeur 3 €) et 1 réduction de 15 € pour l'inscription à une pratique artistique. Le tout à choisir en toute liberté. Depuis le 21 avril, tout jeune âgé de 15 à 20 peut obtenir un Pass cultura, par simple demande*. De quoi vaincre certaines réticences, inciter à se programmer une sortie théâtre ou concert en groupe, ou encore à pousser à deux, trois ou quatre, la porte d'un musée ou d'un atelier de musique, de photo, de danse. De quoi aider à réaliser que « la culture, c'est ce qui reste lorsqu'on a tout oublié ». A commencer par le manque de moyens pour y accéder. EM
* bon de commande disponible par téléchargement sur www.passcultura.corse.fr, ou en téléphonant au 0800 001 004, ou à retirer dans les lycées, centres d'apprentissage ou auprès d'une mission locale, de l'ANPE, d'une permanence d'accueil, d'information et d'orientation ou de tout organisme de formation financé par la CTC. Liste des partenaires acceptant le Pass-cultura disponible dès le 21 avril sur www.corse.fr et sur www.passcultura.corse.fr
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Journaliste Approche critique
Deux livres fort intéressants viennent de paraître. Ils traitent de la mise en cause des médias. Les journalistes et leur public : le grand malentendu, c'est le titre de celui de Jean- Marie Charon (Vuibert). Cet universitaire qui analyse la désaffection du public à l'égard des sources d'infos, le fait à partir de son expérience personnelle. Il démontre aussi que la responsabilité du journaliste ne peut être séparée de l'entreprise de presse et de l'économie des médias. Charon - ce qui n'est pas courant - rend aussi hommage aux syndicats de journalistes.
Le second livre est signé Michel Mathien et est paru chez Ellipses sous le titre : Les journalistes, histoire, pratiques et enjeux. Cet autre universitaire analyse les mises en cause, de plus en plus fréquentes, des journalistes par un public qui demande des comptes. Parmi les acteurs de cette prise de conscience, Mathieu place le Syndicat national des journalistes (SNJ) créé en 1918 et à qui l'on doit la création du statut de journaliste formalisé par le vote de la loi de 1935. PLA
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Une minute de soleil en plus
Apporter une parole vraie, authentique, dans un monde qui en a bien besoin. C'est le but de l'association « Une minute de soleil en plus », créée l'an dernier pour organiser « Parole Vive » (voir par ailleurs). Ce nom, son initiateur, Raoul Locatelli, ne l'a pas sorti de son chapeau, mais de la météo. « En entendant la présentatrice dire ça, j'ai pensé : c'est ce qu'offre chaque jour la vie. » Le nom s'est imposé, et le bureau s'est composé : Virginie Cervoni, présidente, Jean-François Pietri (vice-président), François Marchisio (secrétaire), Marcel Bernacchi (trésorier). AA
| | | | Monnaies offensives
A la galerie Orenga de Gaffory, Hakima El Djoudi présente une surprenante cohorte de chemises, prétexte à s'interroger sur la valeur et le poids de la monnaie. Avec Hakima El Djoudi, l'expression un peu triviale « envoyez la monnaie ! » trouve d'étranges échos dans des formules telles que « envoyez la troupe ! » C'est du moins la réflexion que suscite la surprenante installation que présente, à la galerie Orenga de Gaffory, cette artiste qui vit et travaille entre Salicetto et Berlin. Cela s'appelle La Petite Armée. Au prime abord, c'est tout ce qu'il y a de plus étonnant, humoristique voire charmant : une série de chemises miniatures, réalisées à partir de papier plié, qui ne sont pas sans faire penser à la technique de l'origami. Il y en a des centaines, sagement encadrées, apparemment toutes différentes, mais pourtant rigoureusement pliées selon le même modèle, avec un je-ne-sais-quoi d'empesé qui rappelle les uniformes de parade. A mieux y regarder, on découvre, ô surprise, que le papier utilisé pour confectionner ces petites liquettes chamarrées est du papier monnaie. Une multitude de billets de banque, minutieusement choisis, façonnés, agencés. C'est esthétiquement très réussi. Mais cela nous rappelle aussi qu'entre la liesse et la liasse, il n'y a pas seulement la différence d'une voyelle. En utilisant des billets, Hakima El Djoudi propose de les voir à l'instar de n'importe quel autre matériau, dénué de toute valeur intrinsèque. Sacro-saint mépris de l'artiste pour l'argent ? Pas seulement. Ces rectangles de papier dont, paradoxalement, ceux ayant une faible valeur d'échange sur le marché ont été les plus difficiles à se procurer, sont autant de symboles de la puissance d'un état. De sa capacité à s'imposer comme étant fort, dominant, et à dicter sa loi par le biais de sa monnaie. Dès lors, cette ravissante petite armada de chemises, organisée géométriquement et en nombre, apparaît sous un éclairage plus sombre, parlant de rapports de force, de compétitions impitoyables, de luttes à tout prix, de vainqueurs certes magnats mais pas magnanimes, d'hégémonie, de totalitarisme. Et, finalement, les chemises renvoient aux bottes. A ces bottes faites pour les défilés au pas de l'oie. Loin, très loin des gaîtés de l'escadron. EM
Du 16 mai au 12 juillet, galerie Orenga de Gaffory à Patrimonio. Hakima El Djoudi y présente également une oeuvre vidéo, Land Over, tournée et réalisée en Corse dans le cadre d'un workshop organisé par le Palais de Tokyo.
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Le long d'un golfe... pas très clair !
Lors de l'été 2007, l'association U Nostru Mare a mené un état des lieux des plages du golfe d'Ajaccio. Pas joli-joli, le capital environnement... Des Sanguinaires à l'Isolella, U Nostru Mare (1) a examiné quinze sites qui ont fait chacun l'objet d'une fiche recensant le type et l'importance des déchets présents, le risque pour la faune et la flore observées sur place, les nuisances ou dangers possibles pour les baigneurs, un inventaire des interventions et enfin des propositions d'actions. La synthèse de ce travail a été rendue publique à la mi-avril. Il en ressort qu'aucun site n'est exempt que ce soit en mer, sur la plage ou ses abords, seul le degré de pollution varie.
Aux Iles Sanguinaires, on note « une dégradation générale du milieu sous-marin » avec « une diminution voire un début de disparition de certaines espèces » tandis que d'autres, liées à la pollution de l'eau, comme les ophiures, se développent. Au Ricanto, une eau de « qualité douteuse », avec notamment l'évacuation « directement à la mer » des eaux de travail issues d'une entreprise de plaisance voisine et, outre « un nombre important de déchets flottants » des « barres de fer à fleur d'eau qui représentent un danger réel pour les baigneurs. » Festival de déchets à l'Isolella : corps morts inutilisés, moteurs et batterie de voiture, débris de bateaux, bouteilles en verre ou en plastique, gobelets et couverts de pique-nique, sachets...
Les zones de mouillage dévoilent de fortes concentrations en déchets, et les macro-déchets sont la conséquence de « la construction d'habitations en bord de mer » : matériaux de construction divers, végétaux partiellement brûlés ou arbres abattus dont l'enlèvement est laissé aux bons soins de la mer. Parmi les propositions d'U Nostru Mare : développer les poubelles sur les plages comme en mer ; mettre en place des corps morts respectueux de l'environnement ; faire surveiller par les services compétents le respect de l'environnement, tant par les baigneurs, plaisanciers ou propriétaires d'habitations - et le cas échéant sanctionner -, accroître la distribution de cendriers de plage « qui sont réellement efficaces » ; aménager les sites. L'association projette d'intervenir en mai-juin pour un nettoyage de l'Isolella. Une autre opération devrait être menée sur un autre site encore à déterminer, avec le concours des étudiants de Corte. Mais le bénévolat ne peut pas tout résoudre, ça au moins, c'est clair... EM
(1) Association pour la propreté des fonds marins et du littoral, créée en 2004 et déjà à l'initiative d'opérations de nettoyage avec l'aide technique de la Ville d'Ajaccio et la CAPA, elle est soutenue par la CTC, la DIREN, l'OEC.
En savoir + : u-nostru-mare@wanadoo.fr et http://u-nostrumare.forumdediscussion.com
| | | | Mademoiselle est capricieuse... et persiste !
Mademoiselle est capricieuse, ligne de prêt à porter lancée l'été dernier par deux stylistes originaires de Propriano, poursuit sa progression et s'offre un défilé, le 24 mai à Ajaccio. Hormis le fait d'être toutes deux originaires de Propriano, Satchi Christodoulatos, 28 ans et Cécile Casabianca 22 ans, avaient surtout en commun de se destiner à la profession de stylistes. L'une avait un penchant plus marqué pour le basic, le décontracté, l'autre un faible parfaitement assumé pour la lingerie, l'allure sophistiquée. Ce qui pouvait les opposer les a rendues complémentaires d'autant que l'une comme l'autre ont un credo : ce sont les détails, les finitions qui font toute la différence. En 2007, elles s'associaient pour créer leur marque de prêt-à-porter, Mademoiselle est capricieuse. Toutefois, soucieuses de ne pas brûler des étapes, elles s'en tenaient dans un premier temps à un test, avec une petite ligne de pièces uniques - vêtements et sacs - pour la saison d'été, commercialisée essentiellement dans une boutique de Propriano. Moins d'un an plus tard, Mademoiselle est capricieuse persiste et signe. La marque a en effet bien amorcé son développement et bénéficie désormais de 9 points de vente, sur la région corse mais également sur Paris, Versailles, Cannes, Aix-en-Provence et Juan-les-Pins. « Nous continuons à produire des pièces uniques et nous avons, parallèlement, fait fabriquer, en France, une collection d'été et d'hiver en maille haut de gamme » précise Cécile Casabianca. Pour cette nouvelle ligne de tops, tuniques, gilets, robes longues et pulls, Cécile et Satchi ont choisi deux couleurs dominantes, le noir et le taupe, et voulu rendre hommage « à quatre femmes qui ont chacune marqué leur époque ». Et qui, toutes, n'en ont fait qu'à leur tête et ont ou auraient fort bien pu s'entendre dire que Mademoiselle était décidément capricieuse : George Sand, Colette, Gabrielle Chanel et Janis Joplin. Quatre égéries remuantes, volontaires, aux silhouettes bien affirmées, pour une collection qui sera présentée lors d'un défilé, le 24 mai au soir, à l'hôtel Palazzu U Domu, à Ajaccio. EM
En savoir + : www.mademoiselleestcapricieuse.com
| | | | D'PRHO agréé école privée
Jusqu'alors centre de formation en alternance, l'établissement privé D'PRHO, à Ajaccio vient d'obtenir le statut d'école. Créé en 2001 à Ajaccio, le centre de formation privé D'PRHO offre des formations en alternance, préparant à l'obtention de diplômes (comptabilité-gestion, diplôme européen d'études supérieures marketing...) ou des BTS (assistant de gestion, communication des entreprises, management des unités commerciales...). À l'époque, les possibilités de se former tout en travaillant étaient assez restreintes en Corse. L'objectif de sa mise en place étant de mettre en oeuvre des formations correspondant au marché du travail local, au fil des années, son offre de formations s'est élargie et diversifiée, avec par exemple, en 2006, un BTS professions immobilières. Depuis sa création, quelque 150 jeunes ont bénéficié de cet enseignement en alternance, avec un taux de réussite affiché de près de 60 %, « conforme voire légèrement supérieur à la moyenne nationale ».
Récemment, le centre a par ailleurs obtenu du Rectorat le statut d'école, devenant ainsi la première école d'enseignement supérieur technique privée de l'île. Cet agréement ouvre de nouvelles perspectives à ceux qui sont désireux de préparer un diplôme sans recourir à l'alternance : il confère en effet aux élèves un statut d'étudiant et leur donne ainsi la possibilité, le cas échéant, de bénéficier de bourses de l'enseignement supérieur. L'école s'apprête en outre à lancer un enseignement en ligne qui, compte tenu de la problématique de l'enclavement et des transports en Corse, permettra aux élèves ne pouvant se rendre sur place pour leurs cours, de pouvoir les suivre depuis chez eux via internet. SC
En savoir + : www.dprhoformation.fr
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