| | Réuni le 9 avril au matin, le conseil de l'Ordre des avocats d'Ajaccio réagit à la mise en garde à vue d'un de ses membres, Me Jean-Michel Mariaggi. Et, tout en rappelant qu'un avocat est tenu au secret professionnel, s'interroge sur la « médiatisation recherchée par le parquet » dans cette procédure.
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| | Ce matin (9 avril), le conseil de l'Ordre des avocats d'Ajaccio s'est réuni à la suite à la garde à vue dont fait l'objet, depuis la veille, l'un de ses membres. Me Jean-Michel Mariaggi est en effet entendu par la section financière de la police judiciaire. Il serait « impliqué dans une affaire de banqueroute au cours de laquelle un commerçant en liquidation aurait détourné des fonds », a indiqué à l'AFP le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel. Au grand étonnement des membres du barreau d'Ajaccio qui, dans une motion, font part de leur « stupeur » de constater que le procureur « a choisi de rendre publique la garde à vue » de leur confrère. D'autant, explique le bâtonnier Philippe Gatti, que cette « médiatisation recherchée par le parquet » autorise l'Ordre des avocats à s'interroger sur les réelles motivations de ce placement : « S'agit-il de représailles vexatoires à l'égard d'un avocat qui aurait déplu lors d'audiences antérieures ? » La question semble pertinente : en janvier dernier, lors d'audiences particulièrement houleuses, marquées par un recours disproportionné aux forces de l'ordre dans l'enceinte même du tribunal, Me Mariaggi qui tentait de s'élever contre ces méthodes avait, malgré sa robe d'avocat, été molesté par des policiers. Au lendemain de cet incident, il se voyait convoquer au commissariat. Non pour évoquer ces incidents, mais pour être entendu à propos d'une tout autre affaire, dans laquelle il avait plaidé. Et ce sans que lui soit clairement précisé le motif réel de cette convocation qui, devant les protestations résolues du barreau, avait été levée. Or voici que, quelques mois plus tard, un autre service de la PJ s'intéresse de près à cet avocat connu pour sa ténacité, ses plaidoiries énergiques, et un franc-parler qui, pour être élégant, n'en est pas moins décapant. Et cette fois, plus question de convocation, mais une garde à vue, d'emblée, assortie d'une publicité de nature à le discréditer, puisqu'il est présenté comme « impliqué dans une affaire de banqueroute ». Me Mariaggi serait en fait tout simplement le conseil d'une personne soupçonnée de banqueroute, dans une affaire manifestement très banale qui a fort peu de chance de faire les gros titres de la presse. Et son implication serait ni plus ni moins que celle de n'importe quel autre avocat assurant la défense d'un client et qui à ce titre, rappelle le barreau, est « tenu au secret professionnel ».
Pour le bâtonnier Gatti, au-delà des questions que l'on peut être amené à se poser sur le traitement réservé à un avocat qui aurait peut-être le tort de déplaire, cette garde à vue « entretient un vieux fantasme, celui de l'avocat complice de son client, qui n'est absolument pas représentatif de ce que nous vivons au quotidien. Défendre, ce n'est pas manipuler le droit. » A noter cependant que, suivant une nouvelle dépêche de l'AFP datant de la fin de l'après-midi, Me Mariaggi a été déféré devant le juge d'instruction.
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