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N°104 - Mai 2008
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Par La rédaction

 
 

Chì c'hè torna ?

 
 

L'actu corse en quelques brèves

 
 

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Sous le signe du cancer


Une étude de l'Invs met en relation les rejets toxiques et l'incidence des cas de cancers. Voilà une étude qui ravivera sans doute le débat sur l'implantation d'incinérateurs en Corse. Rendue publique fin mars par l'Institut national de veille sanitaire (Invs), cette synthèse sur l'incidence des cancers à proximité des usines d'incinération d'ordures ménagères montre « une relation positive entre le niveau d'exposition passée aux émissions atmosphériques des incinérateurs et le risque de survenue de certains cancers. » En clair : il existe bien un lien entre l'exposition des populations adultes aux rejets atmosphériques des incinérateurs ayant fonctionné entre 1972 à 1990 et « l'incidence des cancers dans les années quatre-vingt-dix. »
Quoi de neuf ? Pour la première fois, une étude scientifique et statistique menée dans quatre départements français (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Isère et Tarn) et portant sur 135 000 cas de cancers entre 1990 et 1999 se fonde sur des éléments médicaux, géographiques et statistiques imparables. Et les conclusions des quatre chercheurs ayant mené les investigations sont, elles aussi, imparables. L'étude, notent-ils, « a mis en évidence des relations statistiquement significatives entre l'exposition des populations aux rejets de l'incinération et le risque de cancer du sein et de cancers toutes localisations chez la femme ; de lymphomes malins non hodgkiniens pour les deux sexes analysés ensemble et chez la femme ; de myélomes multiples chez l'homme. » En bref, pour la période donnée et la population observée, les incinérateurs ont joué le rôle de catalyseurs de métastases...
Des conclusions alarmistes ? Les scientifiques prennent pourtant des précautions : « Cette étude ne permet pas d'établir la causalité des relations observées, précisent-ils, mais elle apporte des éléments convaincants au faisceau d'arguments épidémiologiques qui mettent en évidence un impact des émissions des incinérateurs sur la santé. » Quant à la Corse, on mesure les conséquences calamiteuses entraînées par l'accumulation des retards et de l'incompétence en matière de gestion des déchets : alors que le recours à l'incinération comme mode de gestion des ordures ménagères est en chute libre (292 usines en 1985, 103 en 2004 selon l'Ademe), l'île se retrouve, face à ce problème crucial, au pied du mur. Contrainte de parer au plus pressé. Contrainte d'avoir recours à... l'incinération. Un nouvel exemple d'une bonne gouvernance. AA

 
 

Affaire poilblan, la balistique contredit la police


Une partie de la version policière en ce qui concerne la fusillade qui avait opposé des officiers de police judiciaire, en octobre 2006, à un homme en cavale, Sébastien Poilblan (voir Corsica de janvier 2008), vient d'être contredite par le magistrat instructeur sur la base des expertises balistiques.
En effet, un premier policier qui avait été repéré par Poilblan alors qu'il le filait en voiture sur la RN 93, affirmait que ce dernier l'avait poursuivi jusque dans une impasse située à l'entrée de l'embranchement de Cuttoli, avant de tirer de face sur son véhicule. Or la balistique a prouvé, comme l'affirmait Poilblan, ce dernier avait certes tiré trois fois, d'ailleurs il l'a reconnu, mais vers l'arrière de la voiture. Poilblan soutenant par ailleurs qu'il n'avait pas identifié son poursuivant et qu'il s'était engagé dans l'impasse où le policier qui le suivait, avait percuté son véhicule avant de faire demi-tour et d'essuyer ses tirs.
Poilblan s'était ensuite engagé sur la route de Cuttoli tombant sur les collègues du policier qui, dit-il, avaient tenté de l'abattre. On ne sait si c'était leur intention, mais les expertises concluent que qu'il ont bien tiré seize coup de feu dans sa direction ; cinq projectiles atteignant l'arrière droit de sa voiture et un dernier perforant un autre véhicule. Les policiers, eux, ont affirmé que Poilblan, les avait menacés d'une arme. Ce qu'il nie et n'est pas confirmé par les différents témoins « civils » présents.
Il semble en tout cas que cette filature qui visait un sympathisant nationaliste « en cavale » après une bagarre l'ayant opposé, dans un cadre privé, à un fonctionnaire de police, ait été bien mal menée. Peut-être parce que les huit enquêteurs continentaux de la section nationale de recherche opérationnelle des renseignements généraux (SNRO), en partie dissoute depuis, ne connaissaient guère le terrain. Et se sont montrés bien maladroits, ce que confirment leurs collègues corses. GM

 
 

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Le bâtiment se porte décidément très bien


Contre la tendance nationale, l'île connaît une hausse des permis de construire.
Conséquence d'une croissance en berne, le nombre de permis de construire délivrés en France a reculé de 5, 2 % en 2007 selon les chiffres publiés par le ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables. La baisse intervient après plusieurs années d'euphorie, mais elle ne touche pas la Corse. L'île continue de figurer sur le podium avec une hausse des autorisations de construire de 9, 5 %, juste derrière la région Rhône-Alpes. Idem en matière de mises en chantier : si elles progressent timidement de 1, 7 % en moyenne sur le Continent, elles bondissent littéralement en Corse (+7 %). Toutes les catégories sont d'ailleurs concernées : maisons individuelles, appartements, logements en résidence, etc.
Le ministère de l'Écologie a cependant fait savoir que la « réforme du droit des sols », entrée en vigueur le 1er octobre dernier, s'accompagnait nécessairement d'une période de « rodage » notamment parce qu'« un certain nombre de centres instructeurs des permis de construire ne sont toujours pas en mesure de transmettre les informations relatives aux autorisations et aux mises en chantier, faute d'avoir pu procéder à une mise à jour complète de leur logiciel ». AA

 
 

Les Corses n'ont pas le profil


La Corse arrive en troisième position au classement des régions où les difficultés d'embauche sont les plus importantes. Une enquête récente place l'île dans le trio de tête des régions où les difficultés de recrutement sont les plus importantes. L'économie corse ne souffre pas seulement d'un déficit d'infrastructures, elle pâtit également d'un manque de ressources humaines. Selon une enquête rendue publique le 9 avril par l'Unedic et le Centre de recherches pour l'étude et les conditions de vie (Credoc), la Corse arrive en troisième position au classement des régions où les difficultés d'embauche sont les plus importantes.
En 2008, 58, 1 % des recrutements projetés par les entrepreneurs insulaires se heurteraient à des difficultés liées au manque de main-d'oeuvre qualifiée. Soit 7 % de plus que la moyenne nationale (51, 1 %). L'orientation touristique de l'économie locale y est visiblement pour beaucoup. Car c'est dans les métiers de l'hôtellerie et de la restauration, révèle l'enquête, que le personnel qualifié fait aujourd'hui le plus cruellement défaut en France. Autre secteur dynamique de l'économie insulaire, le bâtiment n'est guère mieux loti : près de trois-quart des embauches envisagées y sont jugées problématiques. Ce manque d'adéquation entre l'offre et la demande est d'autant plus regrettable que la Corse conserve un taux de chômage supérieur (mais en constante réduction) à la moyenne nationale : 8 % de la population active contre 7, 5 % sur le continent. PN


 
 

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Photo-Maton Clic, clac, garde à vue


Le frère d'Yvan Colonna arrêté pour avoir pris une photo à 300 mètres de la prison où est incarcéré le berger de Cargèse.
Mardi 1er avril, Stéphane Colonna, le frère d'Yvan Colonna, condamné à perpétuité en première instance en décembre dernier pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, a été arrêté en compagnie de l'ancien associé du berger de Cargèse alors que les deux hommes prenaient une photographie non loin de la maison d'arrêt de Fresnes. Selon une source citée par l'AFP, Stéphane Colonna et Alex Alessandri ont été interpellés, puis placés en garde à vue « alors qu'ils photographiaient à l'aide d'un téléphone portable des bâtiments de la maison d'arrêt de Fresnes ». Après avoir été relâchés, les deux hommes ont une nouvelle fois été interpellés, par la section antiterroriste de la brigade criminelle cette fois, avant d'être remis en liberté en fin de journée sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre eux. Ils n'ont, en revanche, pas pu rendre visite à Yvan Colonna comme leur emploi du temps le prévoyait.
Tout cela pour « une photo prise sur un portable [...] dans la rue, à plus de 300 mètres de la maison d'arrêt ! », s'est indigné le Comité de soutien à Yvan Colonna dans un communiqué. « N'importe quel internaute peut avoir accès à des vues de la prison de Fresnes en allant sur Google ; cette histoire n'a pas de sens », a commenté Gilles Simeoni, l'un des avocats de M. Colonna.
Les abords de la prison de Fresnes font l'objet d'une attention toute particulière depuis le 12 mars 2003. Ce jour-là, un véritable commando avait pris d'assaut la maison d'arrêt du Val-de-Marne à coup de Kalachnikovs et de lance-roquettes et permis à Antonio "Nino" Ferrara, un braqueur de haute voltige, de réaliser une spectaculaire évasion. Parmi les assaillants ayant pris part à l'équipée sauvage figuraient plusieurs Corses... AA

 
 

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Terres agricoles, tt un record de cherté de plus !


Alors que France exhorte l'Union européenne à produire « plus et mieux », les agriculteurs s'intéressent de près aux terres françaises en raison de leurs prix accessibles qui... souffrent des exceptions, en Corse par exemple. Étonnant, non ? C'est la crise ! La crise alimentaire. Un récent rapport de l'Unesco titre « Agriculture mondiale : il y a urgence ». Les réserves mondiales sont en effet à leur plus bas niveau, et les prix flambent (+ 87 % et + 130 % en un an pour le soja et le blé) et l'Unesco souligne « l'urgence de changer les règles qui régissent l'agriculture moderne ». Toujours est-il que s'agissant de produire plus et mieux (ou à tout le moins au mieux de ses intérêts) et de conforter au passage la vocation agricole de la France, les agriculteurs européens ne semblent pas avoir attendu les exhortations du ministre Michel Barnier. Ils ne demandent manifestement que ça, et le feraient qui plus est en France. Ils se montrent en effet de plus en plus intéressés par l'acquisition de terres à vocation agricole en France, et notamment des propriétés céréalières. C'est ce qui ressortait d'un constat établi par « Agri France » dans le cadre de son étude annuelle sur le marché du foncier rural, publiée en mars dernier. Danois, Belges, Allemands, Italiens sont parmi les principaux acheteurs potentiels de terres agricoles françaises. Et pour cause : elles offrent le précieux avantage d'être moins chères que chez eux. À titre d'exemple, pour une propriété céréalière en France le prix varie entre 5 000 ? et 7 000 ?/ha contre 30 000 ?/ha au Danemark. La moyenne du prix à l'hectare en France est en effet de 4 740 ? (en 2006) à 4 660 ? (moyenne triennale 2004-2006). Mais c'est là une moyenne qui cache d'énormes disparités. Et si le record national de la modicité va à la Loire-Atlantique où le minima rencontré est de 1 760 ?/ha, celui de la cherté va... on vous le donne en mille, c'est le cas de le dire... à la Corse-du-Sud où le prix peut atteindre 44 500 ?/ha. D'une façon générale, une cartographie de la SAFER sur les prix des terres et prés non bâtis en 2006 montre que la région Corse dans sa globalité affiche des prix supérieurs à 6 000 ?/ha. Sûr qu'avec de tels prix, on devrait pouvoir espérer caver de belles truffes à tour de bras sur ces terrains, histoire de les rentabiliser rapidement si tant est qu'on soit en mesure de s'en porter acquéreur. À moins que les truffes, dans l'histoire, ne soient tout simplement les agriculteurs ? EM

 
 

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Guerre de succession à CNI


Après leur échec aux municipales, les indépendantistes veulent se remettre en selle. Mais divergent sur la méthode. Les uns plaident pour le travail de terrain ; les autres avancent un nécessaire changement de direction. Un mois et demi après leur échec à l'élection municipale, les indépendantistes cherchent leur voie et s'interrogent sur les causes de leur échec. « Nous n'avons pas suffisamment travaillé sur le terrain, nous avons martelé « Resistenza » comme mot d'ordre alors que les gens attendent des mesures concrètes. Il faut nous remettre en ordre de bataille » théorise un militant CNI de la première heure. Parmi les premières mesures envisagées, la remise sur pied des sections locales, « en déshérence totale »... Mais les indépendantistes s'interrogent aussi sur les responsabilités de la « gifle », dixit l'un d'eux, reçue le 9 mars avec des scores moyens de 6 % au premier tour de scrutin.
« Le communiqué de FLNC qui appelait les Français à ne pas voter, dix jours avant le scrutin, nous a causé beaucoup de tort » commente un responsable de la direction bastiaise, qui questionne les motivations d'une telle prise de position de la part des clandestins. Chef de file de CNI depuis une dizaine d'années, Jean-Guy Talamoni est désormais placé sur la sellette par nombre de militants en quête - facile - d'un bouc émissaire. Du coup, les regards se tournent à nouveau vers Paul Quastana, écarté de la direction indépendantiste au lendemain d'un passage houleux sur les plateaux de France 3 Corse au soir du premier tour de scrutin des territoriales en mars 2004. L'Ajaccien, qui cultive un sens certain du franc-parler, hostile à l'union des nationalistes et qui reste très impliqué dans les questions sociales, entretient d'excellentes relations avec U Rinnovu, laissant espérer à certains une possibilité d'élargir l'audience indépendantiste au sein d'un véritable pôle politique. D'autres, plus circonspects, font valoir que seul un renouvellement des hommes « en faisant monter des jeunes capables et responsables » pourrait permettre au mouvement de repartir de l'avant. AA

 
 

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Libération Gandolfi-Scheit sur le front


Le député se démène pour que la Corse figure dans les manuels scolaires comme le premier département français libéré. Sauveur Gandolfi-Scheit n'admet pas que la Libération anticipée de la Corse (dès septembre 1943) soit reléguée aux oubliettes de l'histoire officielle. Faisant écho à une vieille revendication du monde combattant, le député de la Haute-Corse a récemment interpellé le ministre de l'Éducation nationale pour que cette « lacune inexplicable » soit enfin réparée. Et son message a été entendu : le 9 avril, Xavier Darcos est intervenu auprès des éditeurs de manuels scolaires pour que l'île soit mentionnée, à brève échéance, comme le premier département affranchi du joug de l'occupant. « Les événements de septembre-octobre 1943, indique le ministre, constituent un cas de résistance exemplaire auquel il est légitime que les enseignants se rapportent pour traiter cette période. » Sauf problème donc, Ajaccio devrait bientôt revêtir le titre de « première ville française libérée » jusqu'ici détenu par Bayeux (Calvados).
Le 25 mars, le député avait déjà soulevé cette question devant l'Assemblée nationale. « Le devoir de mémoire doit s'accompagner d'une rigoureuse honnêteté intellectuelle [...] Il ne saurait s'accommoder de contre-vérités historiques », avait-il souligné. Avant de demander au gouvernement que les exploits des résistants corses figurent « de façon tout à fait officielle » au programme des collèges et lycées. Valérie Pécresse, le ministre de l'enseignement supérieur chargée de lui donner la réplique, avait admis le bien-fondé de cette requête. Mais elle n'avait pris aucun engagement sérieux au nom du gouvernement. Son collègue Darcos, lui, n'a pas hésité à le faire. À la grande satisfaction du monde combattant. PN

 
 

Cadavres à la marseillaise


Faute de médecins légistes en Corse, des spécialistes seront dépêchés de Marseille pour pratiquer les autopsies. Le 1er janvier, le docteur Paul Marcaggi avait officialisé sa décision de ne plus assurer les autopsies à Ajaccio en raison des difficultés financières traversées par l'hôpital de la Miséricorde. Fin mars, c'est au tour du docteur Jean-Baptiste Rovere, son homologue dans le nord de la Corse, d'annoncer qu'il ne pourrait accomplir sa tâche en attendant la « mise aux normes » de la morgue de l'hôpital de Falcunaghja, à Bastia. Problème : compte tenu des difficultés liées à l'exercice de la profession en Corse (pression des familles, circonstances souvent violentes des décès, climat tendu), aucun candidat ne s'est déclaré pour assurer les autopsies. Du coup, ce sont des médecins légistes marseillais qui devraient être dépêchés dans l'île pour examiner la trentaine de cadavres reçus par les morgues corses chaque année. « Une décision qui sera certainement très mal acceptée localement », déclarait au Figaro le procureur d'Ajaccio José Thorel le 25 mars dernier. Outre les sensibilités locales, cette « importation » de légistes marseillais risque bien de se révéler complexe : quid en cas de grève des transports ou d'indisponibilité des médecins phocéens ? Sans parler de la nécessité d'obtenir rapidement des éléments judiciaires pour mener des enquêtes criminelles souvent difficiles... AA

 
 

Le lourd tribut payé à l'info


En 2007, 134 journalistes ont été tués dans le monde. C'est ce que révèle un rapport de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Si trente-sept sont morts en accident du travail, les autres, les plus nombreux, ont été éliminés. Ces chiffres qui restent élevés, sont cependant en diminution par rapport à 2006 (année record) où le même rapport de la FIJ avait comptabilisé 155 morts violentes et 22 par accidents. Le pays le plus dangereux pour les journalistes demeure l'Irak (où d'ailleurs a été assassiné le président du syndicat irakien des journalistes Shihab Al-Timimi), puis viennent la Somalie, le Pakistan, le Mexique, le Sri Lanka et les Philippines.
La Fédération Européenne des Journalistes qui est une des branches de la FIJ a entamé des discussions avec différents professionnels de l'information afin de préparer une Déclaration européenne sur la liberté de la presse. La presse qui compte en France 37 301 journalistes détenteurs de la carte professionnelle. En 2007, la profession a enregistré 2 109 nouveaux confrères, dont 307 sont diplômés d'une école de journalisme. Une profession de journaliste qui se féminise de plus en plus. Chaque année, de 300 à 500 cartes professionnelles sont attribuées à des femmes. PLA

 
 

Point trop "Ponant" faut


Souvenez-vous, c'était en octobre 2005 : alors que les marins STC de la SNCM avaient pris possession du « Pascal-Paoli », le gouvernement, décidément très ferme, avait décidé de déloger les syndicalistes en leur envoyant le GIGN. Les troupes d'élite de la gendarmerie contre une mutinerie en plein conflit social, voilà qui avait de la gueule ! Il faut croire que l'État est devenu plus prudent - ou moins courageux, c'est selon - à l'occasion de l'affaire du voilier de luxe « Le Ponant », détourné, le 4 avril, par de redoutables pirates de la mer, kalachnikovs en bandoulière et lance-roquettes au poing à l'entrée du golfe d'Aden. Cette fois, au large de la Somalie, pas de démonstration de force mais, selon les termes du Quai d'Orsay, une « priorité accordée à la négociation ». Et, pour faire bonne mesure, le versement d'une rançon - effectuée, nous assure-t-on, par l'armateur du « Ponant ». C'est donc après avoir empoché l'argent que les pirates ont finalement été appréhendés par l'armée, une fois regagnée la terre ferme, le 10 avril. Pas question, donc, d'attaquer en pleine mer, une « option » sans doute réservée à des syndicalistes désarmés et - on n'ose l'écrire - corses. AA

 
 

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Un renfort imprévu


Les Chinois pour l'indépendance de la Corse. Après le Kosovo, le Tibet ! Si elle piétine en Corse, la cause indépendantiste insulaire progresse à grands pas à l'étranger ! Après les Serbes brandissant des pancartes réclamant une Corse libre après l'indépendance du Kosovo, ce sont désormais les Chinois qui s'y mettent, ulcérés par les manifestations en faveur du Tibet à l'occasion du passage - calamiteux - de la flamme olympique à Paris. Selon l'AFP, « des internautes chinois prennent pour cible la France en appelant au boycott des produits français et à l'indépendance de la Corse. » Sur certains forums de discussions, note l'agence, « des internautes appellent à soutenir l'indépendance de la Corse pour répondre aux positions françaises sur le Tibet. L'un d'eux a même placé une image de l'île de Beauté sur un fond bleu en appelant « les amis de Pékin à diffuser pendant les jeux Olympiques » cette image « sur les tee-shirts et les drapeaux ».
S'ils n'ont réalisé que 6 % des voix en moyenne aux dernières élections municipales, les indépendantistes locaux savent maintenant qu'ils peuvent compter sur 1, 3 milliard de sympathisants chinois : ils devraient donc tourner leurs regards vers la grande Muraille... AA

 
 

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Feu sur les feux de camp


C'est le nouveau cheval de bataille de U Levante, l'association de défense de l'environnement : faire interdire les bivouacs nature proposés au catalogue de certains organisateurs de séjours-nature en Corse. « Ils appellent cela un « bivouac » à la belle étoile bien souvent sur nos plus belles plages » s'est étranglée l'association dans les colonnes du Corse-Matin fin mars. U Levante veut désormais faire interdire ce type de prestation, y compris lorsqu'elles sont organisées par des tour-opérateurs spécialisés dans le tourisme vert. Et l'association de défense de l'environnement de jouer les Père Fouettard : « au cas où certains maintiendraient leurs séjours, il conviendrait que des surveillances régulières soient exercées [...] afin de déloger les irréductibles ! » Bigre. Interdites à la construction, les plages seraient donc désormais quasiment interdites à la présence humaine.
« Nous sommes des professionnels de la nature, a répondu François Vescovali, président du comité régional de tourisme équestre. Les lieux où nous effectuons nos bivouacs sont plus propres à notre départ qu'à notre arrivée. »
On ne dira jamais tout le bien qu'on pense d'U Levante et des associations courageuses qui se battent pour faire respecter les espaces naturels. Mais voir certaines organisations signataires du communiqué d'U Levante - comme le PNC - prôner le développement d'un tourisme vert et équitable et refuser la moindre ombre d'un homme, voilà qui a de quoi surprendre. Que les 4x4 et autres quads soient bannis des côtes, où ils occasionnent dégradations, pollution et nuisances sonores, d'accord. De là à transformer le littoral en no man's land, franchement, ça pousse un peu... AA

 
 

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Oui, le réseau routier est en cause !


C'était devenu le gimmick déresponsabilisant des élus locaux et de l'État en matière de sécurité routière : si la Corse figurait aux premières places des régions touchées par les accidents mortels, la faute en revenait aux automobilistes insulaires. L'état du réseau routier ? Allons donc... La preuve : les accidents les plus meurtriers survenaient le plus souvent sur des portions de ligne droite bien équipées et éclairées.
Sauf que. Selon une étude commandée par le préfet de Corse, la réalité est bien plus complexe. Ainsi de l'alcoolémie, fréquemment invoquée comme une des principales causes d'accidents mortels, et qui n'est relevée que dans 17 % des cas (contre 30 % sur le Continent !). En revanche, les infrastructures routières, en particulier en période d'engorgement du réseau, ce qui est notamment le cas lors du rush touristique, sont montrées du doigt.
Parmi les solutions envisagées, l'aménagement de certains tronçons sur les routes nationales pourrait contribuer à réduire le nombre d'accidents en permettant le dépassement de véhicules lents en toute sécurité. Passé le constat, on est en droit de s'interroger : depuis des années, l'association « Flo, routes de Corse » pointe les dangers des « points noirs » routiers et mène de tenaces campagnes de sensibilisation avec de - trop - faibles moyens. Il aura fallu une étude, commandée par les services de l'État, pour admettre que « Flo » avait raison. Avant tout le monde. AA

 
 

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Séguéla reprend la main


Le tribunal administratif autorise le publicitaire à poursuivre la construction de sa villa à Bonifacio. Les bulldozers vont se remettre au travail sur la presqu'île de Cala Longa. Ainsi en a décidé la justice. Le 17 avril dernier, le tribunal administratif de Bastia a annulé l'ordonnance de référé - qu'il avait prise 45 jours plus tôt - imposant au publicitaire Jacques Séguéla de suspendre les travaux de construction d'une villa de 568 m2 sur le littoral bonifacien. Motif de ce revirement : « des éléments nouveaux de nature à lever le doute sur la légalité du permis de construire » auraient été rapportés. « C'est une décision incompréhensible et scandaleuse. Aucun élément nouveau n'est ressorti des débats », a réagi Vincente Cucchi, la présidente d'ABCDE, association à l'origine de la procédure. Pour ces défenseurs de l'environnement, le coup est d'autant plus rude que le tribunal a rejeté, le même jour, deux autres demandes de suspension portant sur des résidences secondaires en cours de construction à Cala Longa. PN

 
 

Les premiers seront les derniers


On savait le Corse-Matin peu confraternel, on le découvre également à la limite de l'imposture. Dans son édition du vendredi 25 avril dernier, le quotidien expliquait avoir « révélé » la découverte, à Corte, d'un crâne pouvant être celui de Joseph Vincensini, assassiné en janvier 2005 dans la cité paoline. Il faut croire que le journal ne dispose pas de connexions internet et qu'on n'y regarde peu les informations régionales. Car cette fameuse « révélation » a été publiée sur notre site (www.club-corsica.com) une heure seulement après la macabre découverte. Cette information avait d'ailleurs été reprise, le soir même - soit la veille de la parution du « scoop » made in Corse-Matin - dans le journal télévisé de France 3 Corse. La chaîne régionale, elle, avait eu l'évidente correction de citer sa source. AA

 
 

Les rues d'Ajaccio ne sont pas sûres. Sûr ?


Le recteur de Corse dément avoir tenu des propos sur l'insécurité à Ajaccio alors qu'il était en poste en Nouvelle Calédonie. La journaliste qui l'a interviewé maintient le contraire.
« En Calédonie, on peut se promener en toute sécurité. Ce qui est moins vrai dans les rues d'Ajaccio. » Le propos est de Michel Barat, le nouveau recteur de Corse, dans une interview donnée aux Nouvelles Calédoniennes le 1er février 2008. Une appréciation peu flatteuse que le haut fonctionnaire de l'Éducation nationale, sitôt nommé en Corse, s'était empressé de démentir en arguant - air connu - d'une mauvaise retranscription de l'interview. Contactée par Corsica, la journaliste qui a réalisé l'entretien, Coralie Cochin, maintient pourtant fermement la version de l'interview publiée. « Monsieur Barat a bien tenu ces propos » s'est expliqué Mme Cochin au cours d'un échange de courriels avec Corsica. La journaliste des NC (Nouvelles Calédoniennes) confirme s'être « tenue à retranscrire ce qui avait été dit » et s'est dit « vraiment étonnée par l'attitude de Monsieur Barat, qui a toujours affirmé parler ouvertement. Je suis également étonnée qu'il ne m'ait pas contactée avant son départ si, réellement, la retranscription de cet entretien était si mauvaise. »
Espérons que ces premières semaines passées en Corse - une île où M. Barat a une partie de ses origines familiales - auront suffi à démentir ses craintes... AA

 
 

Un tiers d'attentats en moins par rapport à 2007


Les responsables de la sécurité notent une baisse des attentats, mais s'inquiètent du calme relatif des clandestins. 35 : c'est le nombre de plasticages (et 4 tentatives) enregistrés dans l'île depuis le 1er janvier 2008, soit une baisse de plus de 35 % par rapport à la même période l'an passé (55 attentats et 14 tentatives).
Fait significatif : la plupart de ces actions ne semble pas pouvoir être rattachées à des opérations militaires menées par les deux FLNC, d'où la satisfaction toute relative des forces de l'ordre. « Le phénomène de la vengeance privée prend de l'ampleur », note un responsable policier selon lequel nombre de ces plasticages ne devraient pas être revendiqués. « C'est calme, très calme, trop calme » observe cet officier en poste à Bastia. Le même fait remarquer que le dernier communiqué du FLNC du 22 octobre, le mouvement clandestin le plus actif, remonte au 19 avril 2007. « Depuis, plus de nouvelles... Une année sans un seul communiqué, ça ne s'est pratiquement pas vu depuis trente ans. »
Les services de police, qui estiment que la clandestinité est « au plus mal », s'interrogent également sur l'état des forces au sein du nationalisme armé. « Il ne reste pratiquement pas de cadres et le recrutement en direction des jeunes semble périlleux, surtout en raison de leur manque de formation politique. » Du coup, les dirigeants clandestins seraient tentés de parer au plus pressé. Le 21 avril dernier, dix personnes étaient interpellées dans la région ajaccienne, soupçonnées d'avoir commis une série d'attentats. Moyenne d'âge : la vingtaine. AA

 
 

Retour à la proportionnelle intégrale ?


« Le gouvernement souhaite un débat sur le mode de scrutin pour les régionales. » Déclaration de François Fillon dans un entretien à L'Express le mois dernier qui, apparemment, n'a pas ému plus que ça le Landernau. Le Premier ministre était pourtant explicite : « A titre personnel, ma préférence va à la proportionnelle à un tour, et non à deux comme actuellement. » En arrière-plan, la déroute de la droite en mars 2004 et, plus précisément l'amplification de sa défaite (avec 50, 1 % au second tour, la gauche avait profité pleinement de la prime majoritaire et raflé 20 des 22 régions métropolitaines). Et en point de mire donc, le mode de scrutin mi-majoritaire, mi-proportionnel (inspiré du scrutin municipal) à deux tours en vigueur depuis la loi d'avril 2003. Si le scrutin proportionnel à un tour utilisé jusque-là avait été abandonné afin de réduire l'influence du Front national (souhait de Jacques Chirac comme de Lionel Jospin), il n'est pas indécent d'imaginer que ce choix reposait également sur la volonté de Jean-Pierre Raffarin et d'Alain Juppé (alors président de l'UMP) d'une bipolarisation de la vie politique et donc de consacrer la suprématie de l'UMP et du PS.
La loi d'avril 2003 stipule que toutes les listes ayant obtenu 10 % des suffrages exprimés peuvent participer au second tour et les listes qui ont recueilli 5 % des voix ont la possibilité de fusionner avec une autre liste en lice. En ce qui concerne la Corse, la « barre » des 10 % avait été ramenée à 5 % ; toutes les listes pouvant fusionner (quel que soit leur score de premier tour). Au plan national, au second tour, la liste arrivée en tête obtient une prime majoritaire égale au quart des sièges à pourvoir et le reste des sièges est réparti à la proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des voix (y compris celle qui est arrivée en tête). Mais, en Corse, la liste arrivée en tête au second tour bénéficie d'une prime de trois sièges ; les quarante-huit autres sièges étant répartis à la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant atteint au moins 5 %. Il est évident que la proportionnelle intégrale (appliquée de 1986 à 1998), telle que voudrait la rétablir François Fillon lors des régionales de 2010, favoriserait les formations « petites » et « moyennes ». Mais à quelle sauce les parlementaires accommoderont-ils la région corse et son statut particulier ? Autre incertitude : dans le souci de rétablir sa cohérence au calendrier électoral (on pense aux élections cantonales couplées pour un tiers à la territoriale), bouleversé par le passage au quinquennat, il est question de repousser d'une année l'échéance régionale (comme cela avait été le cas pour la municipale). CS

 
 

La rédaction

 
 
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