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| | Par La rédaction
| | | | Chì c'hè torna ?
| | | | L'actu corse en quelques brèves
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Train. On commence par du retard
Le nouvel autorail AMG 800 qui devait « entrer en service à compter du second semestre 2008 », comme l'avait annoncé le président de l'exécutif, Ange Santini, ne roule toujours pas (voir Corsica n°105 de juin 2008). En mai dernier, après une « inauguration » en partie ratée puisque le train avait été bloqué par un éboulement avant d'arriver à Ponte Leccia, on nous avait affirmé qu'il serait en service dès le début 2009. On a appris le mois dernier qu'elle n'aurait lieu qu'en mars. Une précision fournie par les responsables de la Collectivité qui voulaient atténuer les propos tenus, la veille, par Jean-Pierre Farandu, le responsable régional des transports ferroviaires, lequel avait laissé entendre qu'il pourrait même ne pas être prêt à la saison 2009.
En attendant, les essais se poursuivent pour ce train dont les caractéristiques techniques n'étaient pas adaptées au circuit corse lorsqu'il a été livré. Compte tenu des nombreuses courbes qui existent sur les lignes insulaires, il risquait en effet de dérailler, du moins à la vitesse qu'il est censé atteindre. Il n'aurait pas pu, en tout cas, compte tenu des normes sévères en matière de sécurité, obtenir les autorisations nécessaires pour circuler.
Selon les responsables de la Collectivité, ces problème seraient déjà en partie réglés et la date de mise en circulation (le 1er mars) aurait été arrêtée au terme d'une réunion qui a eu lieu début septembre avec les responsables de l'entreprise qui a construit ce train. Une sorte de « prototype », selon les mots de ses promoteurs locaux. Reste à savoir maintenant si la date prévue de mise en service de l'AMG 800 pourra être tenue, ce dont doutent certains techniciens. Et on se demande combien de temps il faudra attendre avant qu'Ajaccio centre soit à moins de 3 heures de Bastia centre, comme cela est prévu après la mise en place d'une ligne semi-directe. Un horaire qui pourrait pousser les voyageurs locaux à privilégier ce moyen de transport à leur voiture. AA
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Low cost. Le vol UKZ pour Londres ne répond plus
L'épisode devrait alimenter les turbines des opposants au low cost aérien pour la desserte de la Corse. La faillite de Zoom Airlines, une compagnie à bas coûts canadienne, à la fin du mois d'août, a laissé sur le carreau plus de 200 touristes britanniques au départ de l'aéroport de Calvi-Balagne. Zoom Airlines, qui desservait le trajet Londres-Gatwick Calvi-Santa-Catalina, a annoncé sans autre forme de procès suspendre ses vols en raison de graves difficultés financières. Assez graves, en effet, puisque le 28 août, elle déposait le bilan. « Les passagers sont invités à obtenir des réservations sur d'autres compagnies » commentait sobrement le porte-parole de Zoom le 1er septembre, alors que les vacanciers anglais ignoraient toujours comment regagner le Royaume-Uni. C'est finalement avec 10 heures de retard et au prix de tribulations invraisemblables qu'ils ont fini par embarquer, à Bastia. AA
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Politique. Grands travaux et petite confusion
Dans La Corse votre hebdo du 12 septembre dernier (entretien en page 3, Le PADDUC est contraire à l'intérêt de la Corse), Fabrice Laurent interroge Paul Giacobbi : « Les grands programmes ne semblent pas recueillir vos suffrages. Vous étiez déjà très critique envers le PEI [programme exceptionnel d'investissement, ndlr] ? » Réponse : « Mon avis n'a pas changé. L'exécutif régional a bien compris qu'il a été roulé dans la farine et n'a plus d'argent pour réaliser de grandes infrastructures. Parce que des projets comme celui du train ou de la déviation de Bocognano ont coûté plus cher que prévu. La Corse a loupé le coche et, à la fin du PEI, on pourra faire les comptes. On verra alors qu'on n'a dépensé qu'un tiers, voire un quart des crédits. » Nous nous garderons bien de porter une appréciation sur la théorie de Paul Giacobbi. En revanche, il nous appartient de préciser que la déviation de Bocognano qui en effet a coûté plus cher que prévu, n'a pas été financée par le PEI. Loin de nous l'idée de penser que l'élu territorial, président du conseil général et député de Haute-Corse l'ignorait. La confusion, en revanche, est largement répandue dans la population. CS
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Economie. Les salaires corses au plus bas
L'économie décolle ? Pas pour les salariés du secteur privé corse, en tout cas. L'île affiche toujours le plus bas niveau de salaire moyen en France, à 1 716 euros par mois, quand la moyenne nationale s'établit à 2 136 euros. Les chiffres publiés par l'Acoss - la caisse nationale des Urssaf - ajoutent une touche de pessimisme dans le discours ambiant sur le rebond de l'économie locale. L'emploi a revanche progressé de 16, 3% entre 2002 et 2007, soit un rythme quatre fois plus élevé que la moyenne nationale (3, 9%). « Les progressions les plus marquantes, observe l'Accos sont dans la construction (+ 39 %) et les services opérationnels (28 %). » Des données qui donnent un visage à la structure de l'emploi dans l'île : davantage de boulot mais des boulots mal payés. Réjouissant. AA
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Nationalistes. Un coq chez les poulets
Les nationalistes ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils quittent les rivages de la langue de bois pour se lancer dans le happening politique. Après l'épisode de l'occupation de la villa Clavier à Porto Vecchio, où ils avaient été faussement accusés d'avoir jeté un coq égorgé dans la piscine du comédien, une cinquantaine de militants ont balancé un volatile - bien réel cette fois -, dans la cour de la gendarmerie de Ghisonaccia. « Nous dénonçons le climat actuel en rapport avec cette pseudo affaire » a expliqué Joseph Colombani, leader de la FDSEA à l'origine de ce « colpacciu ». En revanche, on se demande bien pourquoi avoir choisi la gendarmerie de Ghisonaccia... AA
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Pretets. Bouillon rêvait de la Corse
Mea maxima culpa ! Dans notre dernière livraison (Corsica n° 108, septembre), nous suggérions que le nouveau préfet de Corse, Stéphane Bouillon, devait déjà « regretter » son ancienne affectation, au cabinet de François Fillon. Il est vrai que les hauts fonctionnaires de la préfectorale ne montrent guère d'empressement, en règle générale, à rejoindre un poste en Corse. Il semblerait que nous nous soyons lourdement trompés dans le cas du nouveau représentant de l'Etat dans l'île. Selon un autre haut fonctionnaire, qui a rencontré M. Bouillon à plusieurs reprises, ce dernier « rêvait depuis longtemps d'une mutation dans l'île ». Si, si. La preuve ? Lorsque que François Fillon, premier ministre, a contacté l'intéressé pour lui annoncer qu'il lui confiait la direction de son cabinet, Bouillon espérait secrètement apprendre son départ pour la Corse. « J'ai toujours rêvé d'occuper cette fonction » a-t-il confié à des proches... AA
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Environement. La Corse lanterne rouge pour la valorisation des déchets
Les atermoiements ne paient jamais et l'île de Beauté pourrait bien s'en rendre compte dans les années à venir. Alors que bon nombre de régions françaises ont anticipé sur le traitement des déchets, la Corse affiche toujours un taux de valorisation des ordures parmi les plus faibles de métropole. Les résultats publiés par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) sont éloquents : en 2006 (année de référence pour l'étude), 88% des déchets ménagers (soient 163 000 tonnes par an !) étaient mis en décharge, contre seulement 1% traités par compostage et 12% par tri sélectif. Bilan : un taux de valorisation énergétique qui frôle le néant absolu quand la moyenne nationale s'établit à 26%. Où l'on mesure le décalage entre la réalité et la promesse de Nicolas Sarkozy - applaudi par une cohorte d'élus béats - de transformer l'île en « pôle d'excellence environnementale ». AA
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Sondage. Corse, réserve naturelle de vacances pour gougnafiers ?
Mauvaise limonade pour l'hôtellerie corse : la clientèle touristique française est prépondérante en Corse. Or, pour la deuxième fois, une étude désigne les Français comme les pires touristes qui soient ! Verra-t-on un jour l'ATC mettre en place des « cellules de soutien psychologique » à destination des professionnels du tourisme ou des sessions de « coaching mental » en vue de se préparer à affronter sereinement le « coup de feu » estival ? Ce ne serait peut-être pas du luxe. Car si l'on met en relation différentes données, il semble que la Corse, consacrée lors de sa dernière campagne de promotion « Réserve naturelle de vacances » soit surtout vouée à devenir une réserve naturelle de vacances pour gougnafiers endurcis.
En effet, les diverses études sur la fréquentation touristique de l'île ont mis en évidence jusqu'ici la prépondérance de la clientèle française en Corse. Et pr ailleurs, pour la deuxième année consécutive, des études mettent en avant que les Français sont les pires touristes. C'est en tout cas ce que mettent en avant les résultats de l'étude réalisée au printemps dernier par TNS Infratest pour le compte d'Expedia, spécialiste du voyage en ligne, et qui a été soumis à 4 000 hôteliers répartis dans six pays (Allemagne, Grande Bretagne, France, Italie, Canada et États-Unis). Si les Japonais sont élus « meilleurs touristes au monde » devant les Allemands et les Britanniques (ex-æquo) puis les Canadiens, les Français pour leur part figurent au top 3 mondial des clients les plus décriés, derrière les Indiens et les Chinois, et raflent carrément la palme européenne. Dans le détail, ils sont, par exemple : n° 1 des réfractaires aux langues étrangères ; n° 2 des voyageurs les plus impolis, n° 3 des touristes qui se tiennent le plus mal à l'étranger, n° 3 des râleurs, n° 1 des radins. La patrie des Lumières semble faire à présent plutôt faire figure de principal « pays émetteur »... de pignoufs. La publication de ces résultats n'a pas été sans faire grincer quelques dents. Elle a ainsi donné lieu sur le site voyages.liberation.fr à plusieurs pages de protestation émaillées parfois de vibrants « cocorico » dénonçant les généralisations abusives. On comprend leurs auteurs, on compatit, même, et on se réjouit d'un tel front spontané et massif pour inciter à se défier de passer trop vite de l'exemple isolé au cas général. Encore qu'on se demande, tout de même, où sont ces ardents opposants au raccourci et cliché réducteur dès lors qu'il s'agit de dauber sur « les Corses fainéants, fraudeurs et assassins »... C'est vrai ça... Où ? Tout de même pas en vacances en Corse ? EM
| | | | Société. Ma PQR à l'heure de la crise
Prescience, souci de répondre aux préoccupations essentielles du lectorat ? Ou peut-être les deux ? Allez savoir. Toujours est-il que la lecture de la presse quotidienne régionale (PQR) nous confirme que la crise est là et qu'il est fort probable qu'elle s'incruste. A la mi-septembre, en effet le groupe Nice-Matin a annoncé dans ses diverses éditions (Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin) sa décision de s'investir durant six semaines « dans la lutte pour le pouvoir d'achat » en faisant place dans ses pages à des sujets consacrés à « la chasse aux bonnes affaires, aux bons plans, à toutes les astuces pour alléger vos factures ». Idée louable et totalement en prise avec le souci n° 1 des Français : cette foutue ceinture qui semble vouée à se resserrer régulièrement d'un cran ! Mais jusqu'à quand ? C'est cela qu'il faudrait savoir. Car au train où vont les choses, rien (sinon peut-être un optimisme forcené et de commande) n'interdit d'imaginer que cette initiative de la PQR en vue d'aider le lecteur à faire des économies ne soit appelée à faire école. Et que, comme aux heures sombres de l'Occupation et des rationnements, la presse n'en vienne à consacrer des rubriques aux mille et une astuces pour vivre tout en rognant encore sur son budget. Faire du café avec des glands torréfiés, reconvertir les chaussettes orphelines en bourrelets de porte, faire de la mayonnaise sans huile ni oeufs, rentabiliser les ondes des portables (pour ceux qui pourront encore payer l'abonnement) en faisant cuire les oeufs... Qui sait même si, toujours comme durant l'Occupation, les lecteurs ne seront pas invités à partager leurs trucs par le biais de la presse généraliste ? Cela dit, comme nous sommes désormais dans une société ludique, mais où on ne joue qu'à condition de gagner quoi que ce soit, cela donnerait lieu à des concours dotés. Par les exemplaires invendus du dernier album de Carla Bruni, par exemple. Outre que la musique adoucit les moeurs, ceux qui n'ont plus de lecteur de CD mais ont un potager pourraient toujours les recycler en... en miroir aux alouettes. EM
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Transports. L'or de la Corsica ferries
Cette fois, c'est dit : la Corsica ferries a ce pouvoir insensé de transformer en or les marchés dont elle décide de s'occuper. En quelques années, elle a porté le transport maritime avec l'Italie de presque rien à près de 1 500 000 passagers. Elle vient de récidiver avec le port de Toulon qui, avant que la compagnie aux bateaux jaunes ne s'y installe, végétait à quelque 120 000 passagers (en 2000). Pour le plus grand plaisir de la Chambre de commerce et d'industrie du Var dont le directeur général adjoint est Antoine Breschi, ancien comptable de l'établissement consulaire de la Haute-Corse, elle a transporté pour les douze derniers mois en partant d'août 2008, plus d'un million de passagers. Et ainsi le port du Var est devenu, en moins d'une décennie, le premier port français pour le trafic avec la Corse. JGP
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Pays Basque. Les juges disent non à l'autodermination
« Un voyage qui ne mène nulle part. » José Luis Zapatero l'avait promis : le projet de référendum, adopté au début de l'été par le parlement autonome basque, resterait lettre morte. Les juges n'ont pas fait mentir le Premier ministre espagnol. Le 11 septembre dernier, le tribunal constitutionnel a mis son veto à la tenue d'un tel scrutin. Motif : seul l'État a compétence pour « convoquer des consultations populaires par voie de référendum. »
Voulu par la coalition nationaliste modérée à la tête du gouvernement régional, le référendum devait porter sur deux questions. La première concernait une éventuelle reprise des négociations avec ETA. La seconde portait sur la tenue d'un référendum d'autodétermination en 2010. L'une et l'autre de ces propositions étaient perçues comme un véritable défi par le pouvoir central. Le gouvernement socialiste n'admet pas le principe d'autodétermination du peuple basque. Deux ans après l'échec d'un premier processus de médiation, il ne veut pas davantage entendre parler d'une reprise du dialogue avec ETA. Autant dire que le verdict du tribunal constitutionnel a été accueilli avec soulagement du côté de Madrid. Mais les élus basques n'ont pas renoncé à leur projet. José Ibarretxe, le président du parlement autonome, a qualifié la décision d'« incompatible avec une société démocratique ». Avant d'organiser la riposte : à son instigation, des recours individuels vont prochainement êtres déposés devant la Cour européenne des droits de l'homme. Les juges de Strasbourg donneront-ils tort à ceux de Madrid ? Pas sûr. PN
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Société. Jambons, mensonges... et CO2
Le 12 septembre à Ajaccio, le TGI examinait une affaire de « fausse charcuterie corse » pour laquelle comparaissaient les représentants des sociétés Copafrais (Ajaccio) et Les salaisons réunies (Folelli). Suite à un contrôle de routine pratiqué par la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF), ces entreprises étaient accusées d'avoir commercialisé des produits qui, quoique estampillés charcuterie corse, n'avaient en fait de rapport avec la Corse que l'étiquette qu'ils arboraient. Si moins de 100 kg avaient été saisis par la DGCCRF, les enquêteurs faisaient état pour leur part de 200 tonnes de produits de ce type par an. Les sociétés, dont les cas ont été dissociés, ont été condamnées à 7 500 et 15000 E d'amende ; le substitut du procureur ayant estimé que les délits de tromperie et publicité mensongère étaient caractérisés. L'association UFC-Que Choisir et la Chambre d'agriculture de la Corse-du-Sud s'étaient portées parties civiles, mais seule la constitution de l'association de consommateurs a été jugée recevable. Ce qu'il faudrait savoir c'est si, dans un avenir plus ou moins proche, des associations de défense de l'environnement pourraient se porter partie civile en pareille affaire... Parce qu'à bien y regarder, à une époque où l'on songe à diminuer à toute force les émissions de CO2, on est en droit de se dire qu'outre le fait de duper le consommateur, de tels agissements ont un sacré impact sur la pollution atmosphérique. C'est que ça doit en dégager, du CO2, ce transbahutage de marchandises qui arrivent en l'état en Corse, juste pour faire un touch and go et reprendre le plus souvent l'avion ou le bateau dans les valises d'un vacancier... A quand le bilan-carbone de ces tonnes de produits qui parfois traversent la mer juste aux fins d'y recevoir une étiquette « corse » ? EM
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Kyrnolia. Le grand déballage
À la mi-juillet, les syndicats CGT et STC de Kyrnolia, filiale de Veolia spécialisée en Corse dans le marché de la distribution de l'eau (44 500 clients) et de l'assainissement (8 millions de m3 d'eaux usées traitées), déposaient un préavis de grève. Contre la menace qui faisait peser sur les avantages des salariés de l'île le désir de la direction nationale de définir un statut unique au sein du groupe. Les employés (106) de la CMESE qui sont alignés sur EDF, étaient rapidement rassurés, rien ne serait remis en cause. En revanche, la direction régionale prévenait qu'elle ne voulait rien entendre quant à un alignement sur ce dispositif salarial et social - selon une disparité annuelle estimée à 5 000 E - des employés de son autre société locale, la CEO (97 employés). D'autant que, par ce biais, la revendication, pouvait rebondir dans toutes les agences du continent. C'était parti pour un conflit interminable, suivi par 80 % des salariés, qui, commencé le 15 juillet, devait péniblement s'éteindre le 22 août. Entre-temps dans une guerre de communiqués, aussi impitoyable qu'un feuilleton de la série Dallas, on devait tout savoir sur la vie des protagonistes en présence. La direction faisait valoir que le salaire moyen des ouvriers était déjà de 31 000 E « l'équivalent du salaire d'un ingénieur débutant ». Tandis que Kyrnolia servait d'organisme de crédit pour collectivités défaillantes dont le montant total des impayés s'élève à 11 millions d'euros. La contre-attaque des syndicats était foudroyante, mentionnant « 20 cadres de Kyrnolia dont les salaires annuels varient entre 55 000 et 140 000 E. » A la sortie, les grévistes ne devaient pas obtenir satisfaction sur l'essentiel de leur revendication, mais une augmentation de salaire de 115 E mensuels en réduction des disparités. JGP
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Murtoli. Anne de carbuccia assigne l'état
Le feuilleton Murtoli est loin d'être terminé. En effet, l'affaire de cette maison achetée par Anne de Carbuccia, mais confisquée par Paul Canarelli qui exploite le domaine et estime qu'elle devait lui revenir (voir nos éditions précédentes), ne cesse de rebondir. Ainsi, début septembre, lorsque Me Maroselli, le défenseur d'Anne de Carbuccia, a lancé une procédure d'assignation en responsabilité contre l'État. Motif : les pouvoirs publics, en l'espèce la gendarmerie, n'ont pas appliqué l'ordre écrit du procureur de la République de mettre des scellés sur la maison en question, le temps que la justice se prononce sur l'identité de son propriétaire. Pour l'instant, elle appartient effectivement à Anne de Carbuccia qui l'a légalement achetée, alors que Paul Canarelli, prétend qu'elle devait lui revenir puisqu'il l'avait louée pendant deux saisons, et estimant avoir un bail, il l'a récupérée. Et poursuit sa location aux riches touristes qui fréquentent son domaine. Mais, légalement, elle ne lui appartient plus. D'où la décision du procureur de la mise sous scellés qui n'a pas été appliquée au prétexte qu'elle ne concernait qu'une remise où étaient entreposés les meubles d'Anne de Carbuccia que Canarelli avait également confisqués jusqu'à ce que la justice le contraigne à les lui rendre ; cela ayant fait l'objet d'une autre procédure.
C'est la désormais célèbre affaire de l'occupation de la propriété de Christian Clavier qui a poussé Anne de Carbuccia et son avocat à s'attaquer à l'État. Puisque, pour expliquer la suspension du patron des forces de sécurité en Corse, Dominique Rossi, la ministre de l'Intérieur, Michelle Alliot-Marie, avait expliqué « que le droit à la propriété ne souffre pas d'exception et que l'intrusion sur la propriété d'autrui devait être sanctionnée ». Ce qui est visiblement valable pour Clavier, l'ami du président de la République, mais pas pour Anne de Carbuccia...
Et cette affaire de Murtoli est visiblement « sensible », puisqu'un journaliste parisien qui s'apprêtait à rédiger un article sur la plainte contre l'État a été contacté par les services du nouveau responsable de la sécurité en Corse qui ont justifié la non-intervention de la gendarmerie. Et par un membre du cabinet d'Alliot-Marie qui a cru devoir préciser que le ministre de l'Intérieur n'avait jamais passé ses vacances en Corse. Et encore moins sur le domaine de Murtoli... Histoire, sans doute, de prouver que dans cette affaire, Canarelli ne bénéficiait d'aucune protection. Et qu'Anne de Carbuccia était traitée comme une justiciable parmi les autres, ce qui n'est visiblement pas le cas.
Dernier rebondissement : la SAFER (société d'aménagement foncière et d'établissement rural) s'apprêterait à reprocher à Anne de Carbuccia d'avoir acheté une maison se trouvant sur des terres agricoles. Ce qu'elle na jamais reproché à son voisin Canarelli. GM
| | | | Assemblée. Retour sur l'incendie
Le 21 mai dernier, le tribunal d'Ajaccio acquittait trois militants nationalistes accusés d'avoir incendié le bureau d'Ange Santini, le président de l'exécutif. Motif : le supplément d'information réclamé par le président, lors d'une précédente audience qui avait donné lieu à des bagarres, avait indiqué qu'il était impossible de les reconnaître sur les clichés pris par les caméras au moment des faits comme le prétendaient les policiers et le parquet. Par ailleurs, aucune trace de fumée n'avait été trouvée sur leurs vêtements. Cela n'avait pas empêché le procureur, José Thorel, de maintenir ses accusations et de requérir contre eux, sans résultat, un an de prison ferme.
C'est ce qu'il a encore fait le 19 septembre contre un autre prévenu, Anthony Bozzi, dont le cas avait été dissocié en raison d'une erreur de procédure. Pourtant, Bozzi, comme les autres, avait été innocenté par le supplément d'information que le procureur de la République persiste à ignorer. Il a donc peu de chance, cette fois encore, d'obtenir gain de cause, d'autant que Bozzi est innocenté par le témoignage de sa femme qui prétend qu'il était déjà rentré à l'heure de l'incendie. Et, ce qui est encore plus crédible, par un de ses appels téléphoniques dont on trouve trace, plus tôt encore, dans un relais situé ailleurs que dans le quartier de l'Assemblée.
Lors de cette audience, José Thorel a reçu le renfort de l'avocat de la Collectivité territoriale qui s'était montrée bien discrète jusqu'alors, mais qui cette fois avait envoyé son représentant plaider la culpabilité de Bozzi. Le jugement, normalement sans surprise, sera rendu le 24 octobre. GM
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Assassinat. Mystère autour de la mort de l'enseignant bastiais
Qui pouvait bien en vouloir à Emmanuel Multedo, un enseignant sans histoires assassiné à deux pas de l'école bastiaise où il travaillait en pleine rentrée des classes ? Après avoir fouillé son passé - sans aspérités - et « fermé toutes les portes », les enquêteurs chargés d'élucider ce drame tournent en rond. D'après plusieurs témoins entendus, les policiers ne sont pas loin de penser que l'assassin a pu tirer sa balle mortelle depuis l'un des étages qui surplombe la scène du crime, située sur le parking d'une résidence proche du palais de Justice. C'est en tout cas une hypothèse privilégiée depuis que les expertises balistiques menées par les spécialistes ont révélé que le projectile qui atteint Emmanuel Multedo en plein thorax a suivi une trajectoire descendante. AA
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Polémique. Le préfet Leyrit s'irrite
L'ancien préfet de Corse Christian Leyrit n'a pas apprécié - mais alors, pas du tout - les passages le concernant dans notre dossier du mois dernier (« La malédiction des préfets » - Corsica n° 108), un « article insultant et injurieux » où notre magazine aurait « préféré attaquer l'homme » faute de s'en prendre à ses résultats, forcément excellents.
Suit une liste en douze points - probablement non exhaustive - de l'action proprement stupéfiante des services de l'Etat, que M. Leyrit a eu le bon goût et la modestie de résumer et dans laquelle on retrouve notamment « d'importants progrès dans la lutte contre la délinquance et le terrorisme » ; « une mobilisation contre l'insécurité routière » ; « de très bons résultats dans la lutte contre l'immigration irrégulière ; un effort sans précédent [...] dans le programme exceptionnel d'investissement » ; « une mobilisation satisfaisante des fonds européens » ; « une situation très favorable en matière d'économie et d'emploi » ; « d'importants progrès dans le recouvrement des impôts directs », etc. Curieusement, aucun satisfecit ne vient émailler cet inventaire en matière de météo ou de gastronomie locale... Plus sérieusement, il n'a - évidemment - jamais été du propos de Corsica d'attaquer M. Leyrit ad hominem. Les passages incriminés rendaient simplement compte des confidences peu flatteuses recueillies auprès d'élus et de hauts fonctionnaires en poste en Corse. Et illustraient, si besoin était, le sort habituel réservé aux préfets dans l'île et qui a frappé Christian Leyrit : viré sans ménagement un an à peine après son entrée en fonction... AA
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Divagation animale. Quand la raison ne l'emporte pas
En mai 2007, le syndicat intercommunal des copropriétaires terriens de Castagniccia rendait public un communiqué dans lequel on pouvait lire : « L'élevage porcin et bovin tel qu'il est pratiqué en Castagniccia est une vaste entreprise de destruction, au même titre que les feux de forêts. Il perdure en toute impunité sous les yeux de nos élus plus soucieux de pérenniser leur carrière politique que de défendre la terre de nos ancêtres et notre environnement commun. » C'est foudroyant de vérité. Pourtant, au mois d'août dernier, ce même syndicat a dû republier ce même communiqué, car entre-temps, rien n'a été fait comme d'ailleurs depuis des décennies que ce scandale perdure. Pourtant, tous les élus ne se ressemblent pas. Soulignons le courage des maires d'Ogliastro et de Morosaglia qui semblent décidés à faire la police (plutôt expéditive) eux-mêmes. Bravo ! JGP
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Bonifacio. Le danger des pétroliers
Jérôme Polverini, président de l'Office de l'environnement de la Corse, Joselyne Mattei-Fazi et Ange-Pierre Vivoni, présidents des associations départementales des maires et Jean Toma, président de l'union régionale des ports de plaisance viennent de prendre position pour « l'interdiction totale du passage des navires à risque dans le détroit de Bonifacio ». Dans ce détroit, classé réserve naturelle et qui est recensé comme une des zones les plus délicates en terme de navigation, on dénombre au minimum 12 navires par jour et cent au large du cap Sagro (au nord des côtes bastiaises). Ils rappellent que 370 millions de tonnes d'hydrocarbures sont en transit annuellement en Méditerranée et que chaque jour 25 à 30 pétroliers s'y croisent alors que la flotte ne cesse de vieillir. Les experts précisent pour leur part que le fret, tout trafic confondu, devrait quadrupler d'ici 2025. Alors que, soulignent les signataires, la mer Méditerranée est une mer semi-fermée, à faible marée, dont les eaux se renouvellent tous les 90 ans. » PS : agir de préférence avant catastrophe. JGP
| | | | Christophe Barbier : droit de réponse
Nous avions laissé entendre, en un écho, que les quelques jours de vacances en Corse du directeur de la rédaction lui avaient causé du tracas. Il s'en défend.
Dans son numéro du mois d'août, Corsica a publié une recension erronée de ma visite, par ailleurs privée, en Corse. Je n'ai eu qu'à me réjouir de l'accueil qui m'a été réservé, notamment au castel Brando d'Erbalunga et dans le village de Rutali, où j'ai simplement déploré, sinistre usage local, le tir d'armes à feu à la sortie d'un mariage. De quoi renforcer mon argumentation sur la nécessité, pour les Corses, d'achever leur mutation vers la modernité. Mon seul regret : n'avoir pu rester plus longtemps. Mon seul désir : retourner au plus vite dans cette merveilleuse région française.
| | | | La rédaction
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| | Le sujet vous intéresse ? Nos conseils de lecture:
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Pasquale Paoli 39 € |
Résumé: Contributions et catalogue de l'exposition de l'Université de Corse pour l'année du bicentenaire de Pasquale Paoli. Une formidable iconographie et les contributions d'éminents spécialistes de Pascal Paoli. |
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PASQUALE DE'PAOLI 40 € |
Résumé: Pascal Paoli qui, toute sa vie, a signé Pasquale de’Paoli, est un personnage de l’Europe du XVIIIe siècle aujourd’hui profondément méconnu. On sait, pourtant, l’intérêt de la tentative du général de la nation corse – à la suite d’un mouvement lancé vingt-six ans avant lui – pour, tout à la fois, inscrire les ambitions de son île à l’intérieur des traités passés entre les grandes puissances pour le contrôle de la Méditerranée et établir des rapports productifs entre le monde profondément archaïque de la Corse et les grands idéaux développés par l’Europe des Lumières.
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